Julien Dourgnon, directeur des études de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir:
Après cette prise de position d’Apple, c’est le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, qui doit intervenir en France. Il doit se positionner, dire quel est le sens de l’intérêt général et en tirer les conséquences: soit il soutient les DRM, auquel cas il faut modifier la loi Dadvsi. Car ce texte a contribué à mettre le consommateur dans une situation intenable, en le dirigeant vers des plates-formes légales, mais sans possibilité de contourner les DRM pour obtenir l’interopérabilité. Si cette loi n’existait pas, le juge nous aurait donné encore plus raison dans l’affaire Sony, en lui enjoignant d’enlever complètement les DRM.
Soit le ministre, comme beaucoup d’acteurs du secteur, considère que les DRM sont inutiles. Il lui faut alors exercer son rôle moral et politique, puisque le gouvernement a été actif sur ce sujet, et intervenir auprès des majors pour qu’elles retirent les DRM.
Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture:
Je me réjouis qu’Apple, via son président Steve Jobs, prenne en compte les préoccupations du grand public, des créateurs et du gouvernement qui demandent que l’interopérabilité soit un droit pour tous. L’interopérabilité, c’est-à-dire la liberté pour l’internaute de lire une oeuvre acquise légalement sur tout type de support est une des avancées majeures de la loi sur le droit d’auteur.
Pour réaliser cette interopérabilité, deux solutions sont envisageables: la première est la compatibilité des mesures techniques entre-elles. Cette solution sera mise en oeuvre par l’Autorité de régulation des mesures techniques, créée par la loi sur le droit d’auteur. Le décret organisant son fonctionnement ayant été transmis au Conseil d’État, cette Autorité sera installée dès l’avis du Conseil rendu.
La seconde solution, que préconise Steve Jobs, est la suppression pure et simple des mesures techniques. Les récentes initiatives de plates-formes légales françaises de téléchargement sans mesures techniques permettent en effet de proposer une offre plus attractive pour les consommateurs, notamment pour l’achat définitif. Elles démontrent que la loi n’avait rien interdit mais bien tout rendu possible.
Cependant, il est également nécessaire d’imaginer de nouveaux modèles d’accès à la culture, tels l’écoute illimitée, l’abonnement ou la location de films. Ces modèles sont rendus possibles par des mesures techniques de gestion de droit. La technologie est dans ce cas au service de la culture et non l’inverse.
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Les quatre plus grosses maisons de disques (Universal, Sony BMG, Warner et EMI) contrôlent 70% de la musique mondiale. Quand Apple les a approchées, elles ont demandé à ce que leurs musiques soient protégées contre la copie illégale. C’est pourquoi nous avons intégré des DRM, qui empêchent la lecture depuis des périphériques / ordinateurs non autorisés […] Ces DRM laissent toutefois la possibilité de transférer sa musique sur un nombre illimité d’iPod et sur 5 ordinateurs différents détenus par l’utilisateur
Face donc à ce problème que tout le monde pointe du doigt, Steve Jobs propose trois “solutions” pour l’avenir :
- Rester sur le système actuel avec des DRM compatibles seulement avec certains produits. Surtout que malgré tout ce qui est dit sur le couple iTunes+iPod, un baladeur iPod n’est rempli que de 3% de musiques achetées sur l’iTunes Store.
Fin 2006, un total de 90 millions d’iPod a été vendu depuis le lancement du baladeur, associé à la vente de 2 milliards de morceaux sur iTunes. Aujourd’hui, l’iPod le plus populaire peut contenir 1000 morceaux et les statistiques nous indiquent que la plupart des utilisateurs remplissent leurs iPod au maximum de leur capacité avec de la musique. Ainsi, en moyenne, 22 des 1000 chansons stockées ont été achetées sur iTunes, soit moins 3% des musiques de l’iPod. Les 97% restants sont des musiques non protégées, il est donc difficile d’affirmer qu’avec seulement 3% des musiques stockées nous arrivons à clôturer les consommateurs sur l’iPod puisque les 97% restants peuvent passer d’un iPod à un autre baladeur sans problème. La remarque est aussi valable pour iTunes Store, puisque 97% des musiques utilisées ne sont pas obtenues via l’iTunes Store.
- Ouvrir le DRM FairPlay à ses concurrents, afin que ceux-ci proposent des produits compatibles. Mais, selon lui, beaucoup de problèmes suivront.
il faudrait mettre à jour des baladeurs et des logiciels de dizaines (voire de centaines) de Mac et de PC, rapidement et de façon coordonnée. C’est déjà difficile quand une seule firme contrôle la chaîne, mais c’est tout simplement impossible lorsque plusieurs firmes contrôlent plusieurs pièces du puzzle […] Apple a donc conclu que si jamais il proposait FairPlay sous la forme d’une licence, il pourrait perdre toutes les garanties sur la protection de la musique qu’il offre actuellement. Cela a d’ailleurs dû pousser Microsoft à proposer un service de musique unique / fermé pour son baladeur Zune (le Zune Market Place) plutôt que de le laisser à l’ensemble des plateformes légales utilisant le service ouvert Microsoft PlaysForSure
- L’abolition totale des DRM, ce que tout le monde souhaite et que certains ont déjà commencé à faire… Mais les “big four” en sont malheureusement encore très loin.
Parce que les DRM n’ont jamais marché et ne marcheront certainement jamais, du moins en ce qui concerne l’arrêt pur et simple du piratage. Les maisons de disques demandent des DRM sur Internet alors qu’elles continuent à vendre des milliards de CD non protégés sur le marché classique. Musique qui peut ensuite se trouver illégalement sur Internet
Enfin, Steve Jobs demande à ses détracteurs, et surtout les Européens de retourner une grande partie du problème sur les Majors. Pour rappel, la majeure partie d’entre elles sont européennes : Universal/Vivendi (France), EMI (Royaume-Uni), Sony BMG (détenu à 50% par une société allemande). Si elles acceptent de vendre des morceaux sans DRM sur Internet, Apple embrassera de tout coeur cette nouvelle possibilité, conclut Steve Jobs.
Un coup de pied dans la fourmilière qui peut-être fera bouger les choses. Mais alors, à quand une offre “MP3 sans DRM” de la part d’Apple pour démontrer que cela peut fonctionner ? À suivre !
via Clubic

17-20 - C’est l’ouverture du MacWorld aujourd’hui. Dans moins d’une heure, le premier keynote de l’année pour Apple sera présenté par Steve Jobs. On attend beaucoup de choses, mais comme d’habitude Apple a gardé secrets tous les détails jusqu’au dernier moment… Nous allons essayer de vous tenir informés en quasi-temps réel de ce qu’il se passe.
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Mais surtout nous ne pouvons nous empêcher de vous montrer ce petit extrait au sujet du Zune de Microsoft. Si Steve Jobs ne croit absolument pas au produit, il en rajoute une couche sur la fonction Wifi inutile selon lui, car il est plus simple de passer les écouteurs à son voisin pour écouter un titre plutôt que de passer un moment à essayer de l’envoyer en Wifi… Sans commentaires.
Microsoft has announced its new iPod competitor, Zune. It says that this device is all about building communities. Are you worried?
In a word, no. I’ve seen the demonstrations on the Internet about how you can find another person using a Zune and give them a song they can play three times. It takes forever. By the time you’ve gone through all that, the girl’s got up and left! You’re much better off to take one of your earbuds out and put it in her ear. Then you’re connected with about two feet of headphone cable.

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