C’est officiel. Le Parlement européen a rejeté hier les projets de Riposte Graduée.
Les députés européens ont adopté jeudi matin, à une courte majorité, un amendement qui invite les pays membres à « à éviter l’adoption de mesures allant à l’encontre des droits de l’homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d’efficacité et d’effet dissuasif, telles que l’interruption de l’accès à internet ». Une modeste victoire, par 314 voix contre 297, qui ne s’est donc jouée qu’à quelques députés. Signe incontestable que la riposte graduée ne laisse pas indifférent, mais que les avis divergent à son sujet.
Ce sont les députés Christofer Fjellner et Michel Rocard qui sont à l’initiative de cet amendement au rapport CULT, destiné à contrer la Riposte Graduée. Cette dernière a finalement été jugée comme étant « disproportionnée et incompatible au regard des libertés civiques et des droits de l’Homme ». Il a également été estimé qu’Internet était une « vaste enceinte d’expression culturelle » et « d’accès à la connaissance », non un espace appartenant aux industries en mal d’argent qui ne jurent que par des mesures répressives… À défaut d’adapter leurs modèles économiques aux attentes actuelles ou à venir.
Guy Bono, auteur du rapport CULT, s’est par ailleurs exprimé en faveur de cet amendement et a déclaré mercredi devant les députés européens : « la coupure d’un accès internet est une mesure disproportionnée au regard des objectifs. C’est une sanction aux effets puissants, qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société où l’accès à l’internet est un droit impératif pour l’inclusion sociale ».
Cependant, il est à noter que l’amendement n’interdit pas aux Etats membres de l’Union Européenne d’utiliser la Riposte Graduée. Il ne s’agit là que d’un vote hautement symbolique qui vise notamment la France et ses mesures toujours plus répressives à l’égard de l’internet. « Ce vote démontre que le dispositif de riposte graduée que Nicolas Sarkozy souhaite voir adopter en France rapidement, pour qu’il soit étendu au niveau européen pendant la présidence française de l’UE, est considéré comme contraire aux droits fondamentaux par une majorité de députés européens », a indiqué La quadrature du Net.
En attendant, le gouvernement Français programme toujours la mise en application de la riposte graduée pour le mois de juin, avec à la clef jusqu’à un an de suspension d’abonnement pour le titulaire d’une ligne qui a téléchargé illégalement des données. Reste à savoir s’ils iront jusqu’au bout, prenant ainsi le risque d’adopter un dispositif jugé contraire aux droits de l’homme et aux libertés individuelles.

Via PC INpact














6 commentaires
Je me fais peut-être un film, mais si le pays des droits de l’Homme (la France) vote une loi qui va à l’encontre des recommandations de l’Union Européenne en matière de droits de l’Homme, ça craint.
D’un autre côté, vu la tendance liberticide actuelle…
Tout est possible, pour la France qui pourtant doit prendre la présidence de l’Union Européene bientôt…
Vu la tendance, effectivement…
a lire : http://www.numerama.com/magazine/9288-EXCLUSIF-Albanel-maintient-son-projet-de-loi-en-dpit-de-l-Europe.html
La riposte gradué reste nettement meilleur que la situation d’avant avec de l’emprisonnement possible à la clé et une amende de centaine de milliers d’€.
Faut pas déconner, avec ” droit de l’homme”. Comme si Internet est devenue un droit ” vital” et ” obligatoire “à l’homme.
Même si je suis en total désaccorde avec cette loi faut pas tout mélanger.
A force d’entendre droits de l’homme partout on mélange tout.
Mais bon au moins on pourra contester ( si on se fait chopper) l’arrêt de notre ligne devant la cour européenne des droits de l’homme loooooooooooooooool.
Une fois de plus, heureusement que l’Europe est là pour sauver le citoyen.
Car si on laisser faire la France, je ne sais pas ce qu’il en adviendrait…
Vive l’Europe !!!
Si l’on raisonne comme si on était en 1789, alors d’accord, l’accés internet n’est pas un “droit” de l’homme. En revanche, en 2008, priver une personne d’internet la conduira inévitablement à une asphyxie sociale, culturelle et probablement professionnelle.
Il faut vivre avec son temps. J’imagine que c’est ce que l’Union Européenne avait en tête lorsqu’elle a rendu cet avis.
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[…] enlever internet. Mais les gendarmes ils ont pas voulu: ils ont dit qu’ils fallait respecter les droits des hommes, sinon ils allaient être punis. Alors le Président de la République, il a dit, “vous […]
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