Ce qui devait être le procès du siècle, la pieuvre KaZaA contre l’industrie du disque s’est déroulé en Australie dans une relative indifférence. Depuis plusieurs années, l’industrie du disque essayait de coincer KaZaA pour violation des droits de propriété intellectuelle sans beaucoup de succès. Il faut dire que KaZaA, dont la structure est soupçonnée d’être opérée par d’anciens de l’industrie du disque, avait trouvé une parade juridique en dispersant ses activités un peu partout dans le monde. Aux Etats-Unis, la seule entité commerciale, Brillant digital était une société de vente de publicité. C’est donc au siège physique de la société en Australie que les poursuites se sont faites.

Pas d’amende à priori, seul 90% des frais de justices engagé par l’industrie du disque doivent être payés. Rappelons que nous estimons à 170/200 millions de dollars de recettes engrangé par l’ex roi du P2P. Plus de détails sur news.com, la blogosphère semblant étrangement peu loquace sur le sujet.
KaZaA, c’est le plus grand holdup de l’histoire numérique : celui des données personnelles des utilisateurs revendues sans vergogne a des sociétés de consodata. C’est aussi la deuxième chance raté pour l’industrie de mettre en place un deal avec un distributeur global de musique en ligne (le premier étant Napster). Peu de temps après une décision de la cour suprême américaine qui condamnait d’une certaine manière les pratiques de grokster, c’est au tour de KaZaA.
KaZaA est il coupable de laisser se développer l’échange de fichiers non licenciés ? Peut être, mais est ce vraiment la question importante aujourd’hui ? Le pair à pair est le modèle de distribution de la culture en ligne. Ceux qui attaquent, qui retiennent, qui empêchent ne changerons pas cette donnée.
KaZaA est mort de lui-même, en ayant trop voulu presser le consommateur comme un citron en lui extorquant ses données personnelles. Pas parce que l’industrie musicale l’a condamné. L’année dernière on a vu l’industrie justifier la baisse de KaZaA par les procès alors que tout les gamins savaient que c’était parce qu’emule était plus adapté et sans spyware.
La musique est désormais un monde à deux vitesses: L’un qui s’enferme dans sa tour d’ivoire, et celui qui tourne a la vitesse des échanges numériques.
On se réjouit de la condamnation de KaZaA alors que son successeur Edonkey et l’outil bitTorrent ont déjà liés tout les disques durs de la planète et qu’il n’existe toujours pas de solutions intelligente pour adresser le problème.
En fait la condamnation de KaZaA, tout le monde s’en fou, surtout les utilisateurs qui s’équipe en baladeurs MP3 et qui continuent de télécharger sur d’autres réseaux.
Avec 5 millions de baladeurs en France, 24 millions d’internautes, la réalité concrète c’est qu’on est dans l’incapacité à licencier massivement les contenus pour ces nouvelles exploitations (podcasting, roadcasting, échanges non commerciaux interpersonnels). Et l’on est dans l’impasse : A force de s’accrocher au passé, d’attaquer systématiquement utilisateurs, developpeurs, entrepreneurs du P2P, l’industrie de la musique reste incapable de conduire le changement et de générer des profits.
Labels indépendants aux Etats-Unis, Warner aux USA commence à comprendre que les règles ont changés, que le consommateur n’est plus le même, et que les valeurs de l’internet sont aussi à prendre en compte dans le business modèle.
Une purge importante est à prévoir dans l’industrie du disque. Les actionnaires de ces sociétés commencent déjà dit-on à chercher des profils de manager issus des jeux vidéo, capable de travailler sur les modèles d’abonnements en ligne et capable de maximiser les retours sur investissements grâce à l’internet (la musique ne doit plus faire de pub à la télé par exemple, mais utiliser le marketing viral et le CRM)
Une des rares interviews de Nick Zennstrom le createur de KaZaA sur ce projet












3 commentaires
Super article et trés bonne analyse , Bravo Tariq !
Près de 200 millions de dollars de recette pour KazaA ça prouve quand même qu’un modèle rémunérateur est possible pour les artistes. Existe - t - il seuleument toujours quelque part une volonté de subventionner les artistes ?
ce qui est hallucinant, c’est que Napster a proposé 1 milliards de dollars, KaZaA aussi à l’industrie pour légaliser leurs services et qu’ils ont refusés. Maintenant tout est sur emule et personne ne controle plus rien.
C’est hallucinant, dans 10 ans, on y verra la plus mauvaise opération de management de l’histoire de l’entertainement. Pour moi les boites vont rester mais tout les managers vont se faire dégager, ca a déjà commencé un peu partout (sony, universal, warner) et ca n’est pas prêt de se terminer. Qd on voit le succès de trucs comme WorldofWarcraft, on se dit que les industries du disque doivent se la jouer modeste et réapprendre le business.
Je vais pas me faire des amis en disant ça mais de nos jours, pour s'en sortir, les maisons de disques doivent utiliser la méthode sony-apple : un média bourré d'avantage, avec un seul réel inconvénient (pour apple le prix, pour sony le logiciel, qui n'a plus sa place dans un monde moderne selon moi… ouh la phrase !)
Il a été souvent démontré que ça peut marcher (sony et apple) malgré quelques échecs (phillips)
On pourrait imaginer des dvds entiers avec des pistes en flac, pour les anthologies…
Et pour les auteurs de légende, une gigantesque anthologie en blu-ray…
Tout ça bien sûr vendu sur la base de prix du média + prix de la piste sur internet (pas cher) + rajout pour l'entreprise (sans être démentiel)
Pour un dvd de 394 pistes par exemple : 5€ + 394*0.05 + 10 = 34,7 euros…
Enfin peut-être un peu plus… reversé aux artistes par exemple…
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